Son histoire

Le village semble compter parmi les plus anciens du Pays de Caux comme l’attestait la présence d’un cimetière de puissants personnages mérovingiens.

Le nom de Veules serait dérivé de l’ancien saxon « Well », signifiant un point d’eau.

Charlemagne ordonne d’augmenter les défenses établies contre les invasions des pillards venus du Nord. Rollon assure la pérennité de la cité en la dotant de solides institutions. Des marins d’origines diverses peuplent ce petit port d’échouage.

Dès le 11ème siècle, la rivière a servi de ligne de partage entre deux paroisses : St Martin sur la rive gauche et St Nicolas sur la rive droite.

La chapelle du Val est reconstruite au 12ème siècle sur les fondations d’un ancien oratoire. Une maladrerie lui est annexée. Elle abritera des lépreux jusqu’en 1650.

Le 13ème siècle voit l’édification de l‘église Saint-Nicolas dont les ruines, aujourd’hui, se dressent au-dessus de la mer et la reconstruction de l‘église Saint-Martin. Détruite pendant la guerre de Cent Ans, à l’exception de la tour, elle sera rebâtie en grès au XVIème siècle. Les trois nefs ogivales supportant la voûte de bois et le buffet de l’orgue datent du 17ème siècle. Ce monument est aujourd’hui classé. Sous Philippe le Bel, le port prend de l’importance. Les marins se livrent à la grande pêche du hareng et du maquereau. Un quartier de la ville accueille des banquiers confirmant ainsi l’importance des affaires commerciales.

Épidémies de peste noire, guerre de Cent ans, tempêtes, hivers rigoureux réduisent la population à la misère. Le nombre des bateaux diminue, le commerce régresse. Sous Louis XI, la paix retrouvée permet enfin son redressement et celui des armements de pêche. C’est alors que débute « l’Aventure ». Les marins veulais participent aux expéditions maritimes à la recherche de nouvelles voies commerciales.

Les guerres de Religion divisent la population, ruinent agriculture et commerce. Dans le bourg, la scission est marquée par l’habillement des femmes : catholiques en jupe rouge, protestantes en bleu. De nombreux Veulais s’expatrient vers Dieppe ou Saint­-Valery.

La révocation de l’Édit de Nantes amplifie cette hémorragie humaine. Les habitants emportent peu de biens mais… tout un savoir-faire. La ville, construite en bois et chaume est souvent la proie des flammes. Le village vit des revenus de la rivière, lavage de la laine des moutons, moulins à blé installés tout le long de la Veules.

Lors de la révolution industrielle, ceux-ci se reconvertiront pour broyer du lin. C’est la période faste des tisserands aujourd’hui disparus.

En 1826, fuyant un amour malheureux, une actrice de la Comédie Française, Anaïs Aubert, retrouve la joie de vivre à Veules. Dès son retour à Paris, elle en vante le charme auprès de ses amis. Hommes de lettres et artistes affluent : Chintreuil, de Cock, Harpignies, Mélingue Michelet, Meurice, Victor Hugo, les Frères Goncourt, Coppée, Richepin, drainent vers le village la société parisienne qui découvre un lieu de villégiature tranquille à deux pas de la capitale. Les jolies villas de style balnéaire voient le jour.

Veules en Caux devient Veules les Roses le 30 juillet 1897.

C’est au dessus des falaises, entre Saint-Valery et Veules les Roses, que fut aperçu pour la dernière fois, « le Point d’interrogation » de Costes et Bellonte, parti le 31 août 1930 pour réussir la première traversée de l’Atlantique en avion en 37 heures et 14 minutes.

En 1940, malgré l’absence de port, Veules vit s’embarquer 3000 soldats britanniques et français qui avaient résisté à l’invasion de la France par les Allemands. Beaucoup ne durent leur salut qu’en descendant les falaises d’amont avec des moyens de fortune.

Le 12 juin 1940, Veules subit une bataille sanglante, son front de mer est détruit ainsi que son casino et ses villas (35 maisons sont anéanties ce même jour).

La « Kommandantur » s’installe à Veules pendant quatre ans, pillant et saccageant d’autres maisons.

Dés la fin de la guerre, tout est mis en oeuvre pour essayer d’effacer cette période et retrouver le charme de la station balnéaire d’antan. Mais les destructions sont trop importantes, surtout le front de mer, pour reconstruire à l’identique.

On rebâtit alors (avec les dommages de guerre et les matériaux de l’époque) des maisons modernes, un casino… Il reste néanmoins quelques belles villas de charme style « bains de mer » très richement décorées, ainsi que d’anciennes maisons de pêcheurs ou de tisserands construites en grès, en silex ou en briques qu’il convient de protéger.

Visite interactive du plus petit fleuve de France au début des années 1900.

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Reponse

  1. Bravo c est mérité pour ce beau village que nous aimons venir le plus souvent possible et que nous avons fait connaître a plusieurs amies ils ont tous aimés

    Delavier says:

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